Jade, jeune femme arbitre en Normandie

Publié le 29/05/2022

Jade MONGIAT, arbitre féminine du district de l’Orne, interviewe par un journal caennais «  Sport à Caen. » 

Publié le 26 mai 22


Lors du match de Régional 3 qui opposait Thaon à l’AG Caen (Calvados), mardi 24 mai 2022, c’est une jeune arbitre, Jade Mongiat (19 ans), qui officiait au centre du terrain. L’occasion pour nous, de faire le point avec elle sur les motivations d’une jeune femme vis-à-vis de l’arbitrage et à travers sa prestation réussie à Thaon, de donner un coup de projecteur sur un arbitrage féminin en plein essor.

Le témoignage de Nathalie Guedon Ginfray, responsable du secteur féminin au sein de la CRA (commission régionale de l’arbitrage), confirme ce phénomène nouveau qu’est l’attirance des jeunes filles pour le sifflet : « En 2018, la ligue de Normandie comptait dix-neuf arbitres féminins. Aujourd’hui, elles sont 60 dont neuf au niveau régional. Quatre évoluent dans les championnats seniors comme Jade et cinq dans les compétitions de jeunes. La ligue possède également une arbitre, Élise Lecolley, qui a obtenu le diplôme fédéral l’autorisant à diriger des matchs en Division 2 féminine. »

Jade Mongiat: « L’autorité de l’arbitre, c’est sa compétence »

Jade, comment es-tu arrivée à l’arbitrage ?

J’ai commencé à jouer au football à l’âge de 5 ans au FC Pays Aiglon et je ne pensais qu’à jouer. Au collège, je suis devenue jeune arbitre officiel par nécessité, car le règlement nous obligeait à en présenter un. Petit à petit, j’ai pris goût à cette activité avec toutes les responsabilités que cela représente. Jusqu’à l’an dernier, je cumulais les deux fonctions, joueuse et arbitre, mais depuis cette saison, j’ai abandonné la tenue de footballeuse pour me consacrer entièrement à l’arbitrage.

Tu as un papa, prof d’EPS de surcroît, qui baigne depuis longtemps dans le milieu du foot. C’est forcément un atout…

Ah oui ! C’est mon premier prof, mon premier conseiller et les débriefings avec lui sont toujours pertinents et c’est sans aucun doute, une des clés de ma progression.

À Thaon, on t’a vu opérer au milieu des hommes avec autant d’aisance que d’assurance. Quelle différence avec le foot féminin ?

La vraie différence entre les hommes et les femmes est surtout relative au management et à la gestion des fautes. 

Et au niveau relationnel…

Au départ, on peut se sentir sous-estimée et avoir l’impression de devoir faire ses preuves parce que l’on est une fille, mais tout rentre dans l’ordre très vite si l’on montre qu’on est au niveau. On ressent alors le respect des joueurs. Par exemple, je n’ai jamais été victime de propos misogynes. À Thaon, j’ai reçu les félicitations des joueurs des deux équipes à l’issue de la rencontre et ça, c’est une vraie belle satisfaction.

Tes qualités et tes défauts…

Je suis perfectionniste. Sur le terrain, je suis sereine et je pense faire preuve d’une bonne communication. Mes défauts ? Je donne peut-être l’impression de manquer d’autorité, mais je ne crois pas qu’il faille se précipiter quand il y a une faute ou élever le ton pour asseoir son autorité. L’autorité, tu l’as naturellement en te montrant compétent et juste.

Tu es la plus jeune femme de France à avoir concouru pour le diplôme fédéral. Tu as terminé 5ᵉ, mais il n’y avait que quatre places à pourvoir. Samedi, tu te représentes…

Je l’ai dit, je suis perfectionniste et je suis également ambitieuse. Donc si je me suis lancée dans l’arbitrage, c’est pour aller le plus haut possible.

Une carrière comme celle de Stéphanie Frappart, ce serait top ?

Oui, c’est un modèle, ça fait rêver…

Coup d’envoi de Caen/Guingamp L2 par Jade Mongiat.

Jade sur une affiche de promotion de l’arbitrage.

Par bruno Colibert

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